Une douce folie !

Il est fascinant de constater comme parfois, dans certains lieux et grâce à certaines personnes, l’Histoire rejoint le présent…

C’est à François-Marie Bonaventure du Fou, maire de Nantes entre 1813 et 1816, que l’on doit, en 1825, la reprise du domaine et la construction du château de la Brûlaire dans sa forme actuelle. Le bien-nommé propriétaire souhaite, à quelques kilomètres de Nantes y établir ce que l’on appelle souvent une « folie », c’est-à-dire une maison de plaisance… autrement dit une maison de campagne. Un édifice néo-classique, dans un parc de 5 ha, côtoie des communs italianisants. C’est à la mode dans la campagne nantaise n’est-ce pas…

Depuis juillet 2019, Miguel et Vivien Bertho-Macé ont repris les rênes et les clés du domaine. Et quelle (bonne) aventure ils ont lancée là… Car décidément oui, il faut être un peu « fou » pour s’emparer de ce lieu et lui (re)donner toutes ses lettres de noblesse ! En une petite année, ce sont des travaux colossaux, menés par des artisans locaux sous l’oeil avisé de la décoratrice Pascale de la Cochetière, qui ont rendu son lustre au château, à l’orangerie, aux jardins… Le projet est ambitieux, c’est une folie même évidemment : faire de ce lieu, un lieu de vie gastronomique et touristique en plein cœur des Mauges, territoire rural s’il en est…

Après les aléas dus à la crise sanitaire, le 1825, le restaurant, a ouvert ses portes pour le plus grand plaisir des sens ! C’est une véritable expérience culinaire et esthétique. Installée dans l’ancienne orangerie, la salle de restaurant est majestueuse : baignée de lumière, on y admire tout autant l’architecture originelle restaurée que les créations contemporaines, aériennes et poétiques, qui agrémentent les tablées.  Les plats que l’on goûte sont à la hauteur de cet écrin.

Le chef, Matthieu Pasgrimaud, propose une cuisine gastronomique, issue exclusivement du terroir ligérien et agrémentée de produits locaux, voire même ceux du potager qui accueille d’ailleurs joliment le visiteur, à l’entrée du restaurant. En cuisine, comme en salle, c’est de la haute voltige… On se croirait dans un palace au protocole un peu désuet sauf qu’ici, midi et soir, le maître des lieux vient vous saluer et le temps d’un repas vous semblez faire partie des habitués privilégiés…

La nouvelle vie de la Brûlaire ne s’arrête pas là. Le parc offre un cadre champêtre et patrimonial rêvé pour organiser mariages et autres événements familiaux ou professionnels. Les séminaires d’entreprise pourront aussi bientôt se tenir dans l’une des nombreuses dépendances. Mais selon nous, cette maison de plaisance voulue par un nantais à la campagne, est avant tout une ode au repos, au calme et à la volupté : les chambres d’hôtes, dans le château, viennent d’ouvrir… On espère bientôt vous y emmener, en image !

Ballotines de lapin au lard fermier, culurgiones, émulsion à la sauge

A l’heure du retour aux sources et du slow tourisme, il est certain que quelques bonnes gens de la ville vont venir profiter de cette folie douce…

Rédaction : Isabelle Hallereau – Photographie : Delphine Saliou – Graphisme : Valérie Lefort.